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CAHIERS D’HISTOIRE ET DE PHILOSOPHIE DES SCIENCES N° 58
SOCIÉTÉ FRANçAISE D’HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES
Au XVIIe siècle une nouvelle conception du monde se fait jour selon laquelle la nature est à l’image de Dieu, c’est-à-dire… parfaite. On l’appelle la « théologie naturelle » : on voudrait que l’ordre et le fonctionnement de la nature reflètent les desseins de Dieu. Par voie de conséquence la science, parce qu’elle révèle les lois de la nature, doit se mettre au service de la foi.
Des savants comme Descartes et Fermat débattent alors d’un problème d’optique, celui du trajet des rayons lumineux.
L’enjeu de cette dispute – la lumière choisit-elle le chemin le plus court ou le plus prompt ? (question à laquelle Descartes répond que la lumière ne choisit rien) – donne lieu au problème dit « de moindre action ».
La nature, en général, agit-elle selon les voies les plus simples ou bien les plus économes ? Cherche-t-elle à dépenser le moins possible d’action ? En prolongeant l’interrogation vers l’usage des principes d’économie et de simplicité dans la science, d’autres savants comme Leibniz, Maupertuis ou Euler poursuivent la réflexion sur le rapport que la science entretient avec la métaphysique.
Ce débat continue aujourd’hui d’opposer ceux qui – en séparant la science de la métaphysique – privilégient le postulat d’objectivité, à ceux qui – partisans de la recherche des causes finales – veulent marier la raison et la foi.




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