Le manque de diversité lors de l’embauche prive les entreprises de visions nouvelles et de profils intéressants. En vous limitant à des parcours classiques, copiés sur un même modèle de diplôme ou d’expérience, vous passez à côté de compétences rares. Le recrutement inclusif permet de corriger ce problème. Il s’impose comme une solution concrète pour élargir votre vivier de candidats et remédier aux faiblesses de votre processus de recrutement.
Définition et rôle du recrutement inclusif dans votre stratégie RH
Le recrutement inclusif est une méthode d’embauche qui vise à supprimer les critères discriminatoires comme l’âge, le genre, l’origine ethnique ou le handicap. L’objectif est de se concentrer uniquement sur les compétences et le potentiel des candidats.
Cette approche ajuste l’ensemble de votre processus de recrutement afin de garantir une égalité des chances, de la publication de l’offre jusqu’à l’intégration dans l’équipe. Elle permet aussi de moderniser vos pratiques RH et d’améliorer l’image de votre entreprise auprès des candidats.
Par exemple, Bpifrance propose des opportunités ouvertes à des profils variés et facilite la mise en relation entre recruteurs et candidats. Si vous êtes à la recherche d’une offre d’emploi adaptée aux personnes avec un handicap, vous pouvez consulter leur site afin d’accéder à des postes parfois moins visibles sur les canaux classiques et pouvant correspondre à des profils atypiques.
Les bonnes pratiques pour diversifier vos embauches
Élargir vos canaux de diffusion pour éviter de recruter les mêmes profils
Les recruteurs ont généralement tendance à rechercher des candidats dans les mêmes réseaux, les mêmes écoles ou les mêmes plateformes d’emploi. Cette approche limite la diversité des candidatures. Pour toucher des profils différents, vous pouvez diffuser vos offres auprès d’associations d’insertion, de missions locales, d’écoles spécialisées ou de réseaux féminins. Vous pouvez également cibler les organismes dédiés à l’emploi des personnes en situation de handicap, notamment celles bénéficiant d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
Rédiger des critères de sélection neutres et accessibles
L’écriture de votre annonce détermine la variété des réponses. Vous devez éliminer les exigences disproportionnées comme demander 5 ans d’expérience pour un poste junior. Supprimez aussi les termes trop genrés. Selon Textio, certaines expressions trop associées à un genre peuvent réduire le taux de candidature du sexe opposé. Concentrez-vous sur les tâches concrètes et utilisez une grille d’évaluation identique pour tous les candidats afin de garantir une parfaite équité.
Valoriser le potentiel autant que le parcours
Le diplôme ou l’expérience ne sont pas toujours les meilleurs indicateurs de réussite à un poste. Certaines compétences comme la capacité d’apprentissage, l’adaptabilité ou la capacité à résoudre les problèmes peuvent faire la différence sur le long terme.
Cette approche permet de recruter des profils en reconversion professionnelle, des autodidactes ou des candidats ayant connu des interruptions de carrière. Dans plusieurs secteurs confrontés à des pénuries de talents, cette ouverture devient un avantage concurrentiel important.
Former les recruteurs aux biais cognitifs
Même avec les meilleures intentions, chacun peut être influencé par des biais inconscients lors d’un recrutement. Le biais de similarité, par exemple, peut amener à favoriser des personnes qui nous ressemblent par leur parcours ou leurs centres d’intérêt. Former les équipes RH et les managers permet d’identifier ces mécanismes et de prendre des décisions plus équilibrées.
Les chiffres clés des inégalités à l’embauche en France

Les situations d’inégalité à l’embauche restent une réalité en France, même si les politiques d’inclusion progressent. Selon le 5ᵉ baromètre « Les Français et l’inclusion » réalisé par le groupe APICIL avec OpinionWay, 25 % des salariés déclarent avoir déjà subi une discrimination au travail, et 32 % en avoir été témoins. Ces chiffres montrent que les inégalités ne concernent pas uniquement l’accès à l’emploi, mais aussi l’évolution professionnelle.
Les principaux freins perçus dans le recrutement
D’après les données du baromètre, plusieurs critères peuvent encore influencer les décisions de recrutement et créer des écarts de traitement.
Les Français identifient plusieurs sources d’inégalités dans le parcours professionnel :
- 81 % citent l’origine ou l’appartenance supposée à un groupe comme facteur de discrimination,
- 76 % évoquent le handicap comme un frein important à l’emploi,
- 72 % mentionnent l’orientation sexuelle ou l’identité de genre,
- 67 % pointent l’âge comme critère pouvant influencer le recrutement.
Ces résultats montrent que les décisions de recrutement peuvent encore être influencées par des éléments qui ne sont pas liés aux compétences ou à l’expérience du candidat.
L’impact des inégalités sur le parcours professionnel
Les inégalités ne s’arrêtent pas au recrutement. Une fois intégrés dans l’entreprise, les salariés peuvent encore percevoir des différences de traitement dans leur évolution professionnelle.
Plusieurs résultats montrent que plus de 60 % des répondants estiment que ces situations ont un impact sur différents aspects de la vie en entreprise :
- l’intégration des nouveaux collaborateurs
- l’accès aux missions et aux responsabilités
- les promotions internes
- les salaires et augmentations
Dans ce contexte, la lutte contre les inégalités ne peut pas se limiter à la phase de recrutement. Elle doit s’inscrire dans une démarche globale et continue au sein de l’entreprise.
Faire de l’inclusion une valeur concrète change réellement la dynamique interne de votre entreprise. Cela permet à chaque collaborateur de s’exprimer pleinement, de se sentir reconnu et de contribuer plus efficacement à la performance collective.
FAQ
Le manque à gagner lié à l’exclusion professionnelle représente l’équivalent de 7 % du produit intérieur brut (PIB) français, car l’économie se prive de personnes diplômées et qualifiées.
Les équipes intergénérationnelles combinent des expériences variées et des points de vue différents, ce qui améliore l’innovation et permet de mieux répondre à des publics diversifiés.
Non, les données touchant à la vie privée comme l’orientation sexuelle échappent aux recruteurs, d’où l’importance de se focaliser sur l’équité des processus.

