Les réserves en comptabilité sont issues des bénéfices non distribués et servent à renforcer les capitaux propres. Elles offrent une marge de sécurité pour l’entreprise face aux imprévus.
Définition de réserve en comptabilité
Lors de la clôture de l’exercice comptable, une entreprise découvre son résultat annuel, qui peut se traduire par un bénéfice ou une perte. Un bénéfice nécessite une décision lors de l’assemblée générale ordinaire annuelle quant à son affectation. Durant cette assemblée, les associés votent soit pour réinvestir le bénéfice dans l’entreprise sous forme de réserves, soit pour le distribuer en dividendes aux actionnaires.
La mise en réserve des bénéfices est une pratique prudente, surtout si l’entreprise a dû faire face à des pertes antérieures. Les bénéfices doivent d’abord servir à éponger ces pertes. Une fois ces pertes couvertes, les bénéfices peuvent être affectés aux réserves, une démarche parfois rendue obligatoire par des exigences légales.
L’assemblée générale détient le pouvoir de décider si les bénéfices seront réinvestis pour assurer la stabilité financière et l’autonomie de financement de l’entreprise ou s’ils seront distribués.
Quels sont les différents types de réserves en comptabilité ?
Il existe 3 différents types de réserves. Il s’agit de la réserve légale, la réserve statutaire et la réserve facultative.
Qu’est-ce que la réserve légale ?
La réserve légale est une exigence pour toutes les sociétés telles que les SA, SARL et SAS. L’objectif de cette réserve est de garantir que l’entreprise possède un fonds de sécurité en accumulant 5 % du bénéfice net distribuable chaque année. Ce processus continue jusqu’à ce que la réserve atteigne 10% du capital social. C’est une mesure de prudence qui vise à protéger les créanciers et à assurer la pérennité financière de l’entreprise.
Qu’est-ce que la réserve statutaire ?
Les réserves statutaires sont spécifiées dans les statuts de l’entreprise lors de sa création. Elles sont donc adaptées aux besoins de l’entreprise et à la vision de ses fondateurs. Leur montant et leur dotation sont décidés par les associés lors de la rédaction des statuts. Les réserves statutaires offrent ainsi une grande flexibilité pour gérer les profits accumulés.
Les réserves facultatives

À la différence des réserves légales et statutaires, les réserves facultatives sont établies par décision des actionnaires lors d’une assemblée générale. Ces réserves ne sont pas obligatoires et peuvent être utilisées pour tout objectif que les actionnaires jugent bénéfique, offrant ainsi une souplesse maximale dans leur gestion et utilisation.
Le calcul et le montant des réserves
La dotation à la réserve légale se fait automatiquement chaque année, tant que le résultat net de l’entreprise est positif et que la réserve n’a pas atteint le seuil de 10% du capital social. Si le capital de l’entreprise augmente, la dotation reprend pour ajuster la réserve au nouveau capital.
Imaginons une entreprise avec un capital social de 500 000 euros. Chaque année, elle doit allouer 5 % de son résultat net à la réserve légale. Si l’entreprise réalise un bénéfice net de 100 000 euros pour l’année, elle devra verser 5 000 euros à sa réserve légale. Ce processus continuera chaque année jusqu’à ce que la réserve atteigne 50 000 euros (10 % du capital social). Si par la suite le capital social augmente à 800 000 euros, la dotation reprendra jusqu’à ce que la réserve atteigne 80 000 euros, conformément au nouveau seuil.
Quant aux réserves statutaires, la dotation se conforme aux stipulations des statuts de l’entreprise. Cela peut varier d’une société à l’autre. Prenons l’exemple d’une société dont les statuts exigent la constitution d’une réserve. Les statuts stipulent que 7 % du bénéfice net annuel doit être alloué à cette réserve. Si l’entreprise génère un bénéfice net de 200 000 euros, alors 14 000 euros seront versés à la réserve statutaire. Cette spécificité permet à la société de financer continuellement ses projets de recherche sans solliciter des fonds externes.
Enfin, la décision de doter les réserves facultatives est prise par les actionnaires lors d’une assemblée générale, en fonction des perspectives économiques et des projets de développement de l’entreprise. Considérons une entreprise qui envisage une phase de forte croissance nécessitant de lourds investissements. Lors de l’assemblée générale annuelle, les actionnaires peuvent décider de créer une réserve facultative pour financer ce projet. Ils choisissent de doter cette réserve de 20 % du bénéfice net annuel, qui s’élève à 300 000 euros. Ainsi, 60 000 euros sont alloués à la réserve facultative pour financer l’achat d’équipements industriels.

